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Contentieux · Avocats · Personnes mises en cause · Marques
On ne supprime pas une décision de justice. On obtient l’occultation d’un nom, un déréférencement, une mise en contexte. Et si un litige est engagé ou seulement prévisible, faire disparaître un contenu trop tôt vous prive de la pièce que vous devrez produire. L’ordre des opérations compte davantage que les outils.
Faire constater et horodater ce qui est en ligne, avant que cela ne bouge. La seule étape qui ne se rattrape pas.
Obtenir le retrait de votre nom dans la décision diffusée, auprès de l’éditeur qui la publie.
Détacher de votre nom, dans le moteur, la décision ou l’article qui la commente.
Faire apparaître l’appel, l’infirmation, le non-lieu ou la relaxe là où seule l’accusation sort.
Installer sous votre nom ce qui devra tenir la première page quand la procédure sera derrière vous.
Laudans est un cabinet de conseil en e-réputation. Ce n’est pas un cabinet d’avocats. Nous ne donnons aucune consultation juridique, nous ne rédigeons aucun acte et nous ne représentons personne devant une juridiction — la consultation juridique à titre habituel est une activité réglementée par la loi du 31 décembre 1971. Sur les dossiers qui l’exigent, nous travaillons avec l’avocat que vous désignez : il détient l’action, nous détenons l’exécution technique et éditoriale.
Le risque
C’est la phrase que personne ne dit dans ce métier : à certains moments, chercher à supprimer une décision de justice — ou l’article qui l’annonce — est le geste qui vous coûte le plus cher. Dès qu’un litige est engagé, ou seulement raisonnablement prévisible, ce qui est en ligne cesse d’être un problème de réputation pour devenir une pièce.
Trois manières dont cela se retourne, et nous les avons vues toutes les trois.
À quoi s’ajoute le piège du calendrier. En matière de presse, la prescription est de trois mois et court depuis la première mise en ligne, non depuis le jour où vous découvrez le contenu — article 65 de la loi du 29 juillet 1881. Trois mois de démarches amiables consomment exactement le délai dont vous aviez besoin.
C’est pourquoi, sur un dossier contentieux, notre premier livrable n’est jamais une demande de retrait. C’est un état des lieux opposable.
Le vocabulaire
Une décision de justice est un acte public. La justice est rendue publiquement, et l’ouverture des données judiciaires l’a rendue accessible à tous : le décret du 29 juin 2020 et l’article L. 111-13 du code de l’organisation judiciaire organisent la mise à disposition des décisions.
Deux conséquences, et elles commandent tout le reste.
La première : on ne demande pas la suppression d’une décision, on demande l’occultation d’un nom. Dans les décisions mises à la disposition du public, les éléments d’identification des personnes physiques — parties comme tiers — doivent être occultés. Quand votre nom apparaît encore, ce n’est pas la publication qui est en cause, c’est une occultation qui n’a pas été faite.
La seconde : le circuit officiel n’est pas le seul. Les éditeurs juridiques privés diffusent aussi des décisions obtenues par d’autres voies, et c’est là que subsistent des versions nominatives. Chacun a sa propre procédure de demande, et il faut s’adresser à chacun séparément. Doctrine publie la sienne, la Cour de cassation diffuse ses arrêts pseudonymisés.
Ce que l’on peut obtenir, par ordre de difficulté croissante :
Autrement dit : supprimer une décision de justice, au sens strict, n’existe pas. Personne ne retire un jugement du monde. Ce qui existe, et qui suffit presque toujours, c’est d’obtenir que votre nom ne le convoque plus. C’est le même raisonnement que pour supprimer son nom de Google : on n’agit pas sur l’index, on agit sur le lien entre un nom et une page.

Le premier geste
Une capture d’écran ne vaut presque rien seule. Elle est contestable sur sa date, sur son intégralité, sur les conditions dans lesquelles elle a été prise.
Ce qui est opposable, c’est le constat dressé par un commissaire de justice selon un mode opératoire normalisé — vidage des caches, désactivation du proxy, relevé de l’adresse et de l’horodatage, description du chemin d’accès. La norme AFNOR NF Z67-147 fixe ce mode opératoire pour les constats sur internet. Un constat qui ne la suit pas s’attaque ; un constat qui la suit tient.
Et avant tout procès, l’article 145 du code de procédure civile permet de solliciter du juge une mesure d’instruction lorsqu’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige. C’est exactement l’outil prévu pour la situation dans laquelle vous êtes.
Ce que nous relevons, en pratique, et qu’un constat seul ne couvre pas : le contenu et ses copies, les dates de première mise en ligne, les agrégateurs qui l’ont reprise, la position du résultat sur les requêtes que l’on tape réellement — votre nom seul, votre nom avec votre fonction, votre nom avec le mot qui vous inquiète — et l’état des réponses des intelligences artificielles interrogées sur votre nom. Puis le même relevé, daté, après chaque action.
Ce relevé sert deux fois : à votre conseil, comme pièce ; à vous, comme référence de ce qui a bougé. C’est le seul document qui permette, plus tard, de dire ce qui a changé et pourquoi.
Les délais
D’où la seule question qui compte au premier appel : quelle est votre date ? Un dossier engagé six mois avant une nomination n’a rien à voir avec le même dossier engagé trois semaines avant une audience. Nous vous dirons dans les deux cas ce qui est atteignable, et dans le second ce qui ne l’est pas.
Ce que nous traitons
La question n’est jamais « comment supprimer une décision de justice » en général. Elle est toujours : où en est la procédure, et depuis quand le contenu est-il en ligne.
Le contenu est récent, la prescription court, rien n’est jugé. On fixe, on qualifie, et l’on n’écrit à personne avant d’avoir choisi entre la voie amiable et l’assignation. Le mauvais courrier, ici, coûte le dossier.
La voie est l’occultation du nom chez l’éditeur qui diffuse, puis le déréférencement. L’ancienneté des faits joue en votre faveur, leur gravité contre vous, votre notoriété contre vous aussi.
Le cas où la mise en contexte est la plus forte : les résultats affichés doivent refléter l’état actuel de la procédure, non celui où elle a commencé. C’est un manquement, pas une fatalité.
Le retrait est l’ennemi provisoire de l’indemnisation. On conserve, on constate, on chiffre l’étendue de la diffusion — et l’on retire après, pas avant.
Ce dont vous avez besoin est un tiers capable de refuser la mauvaise demande et de documenter son refus. Comment nous travaillons avec les professions réglementées.
Interrogée sur votre nom, elle résume une procédure à partir de trois sources et affirme. Aucun formulaire ne la corrige : on corrige ce qu’elle lit. Notre méthode.
Vos droits
Les données relatives aux infractions et aux condamnations pénales relèvent d’un régime particulier — article 10 du règlement général sur la protection des données. Ce régime est plus protecteur que le régime commun, et c’est une bonne nouvelle pour vous.
La Cour de justice de l’Union européenne l’a précisé dans son arrêt du 24 septembre 2019 : lorsque des résultats de recherche portent sur une procédure judiciaire ancienne relative à une personne, l’exploitant du moteur doit au moins aménager la liste des résultats de manière que l’image globale qu’elle donne reflète la situation judiciaire actuelle. Autrement dit, si vous avez été relaxé et que seule la mise en examen ressort de votre nom, ce n’est pas une injustice de fait : c’est un manquement que l’on peut invoquer.
Ce qui fait pencher l’arbitrage de votre côté : l’ancienneté des faits, l’issue favorable de la procédure, l’absence de rôle public, le caractère excessif ou inexact de ce qui subsiste. Ce qui le fait pencher contre : une fonction publique, une notoriété professionnelle, des faits récents, un intérêt journalistique établi — et une procédure en cours, qui ferme presque toujours la porte.
La CNIL publie sa doctrine sur le déréférencement et instruit les réclamations lorsqu’un moteur refuse. C’est une voie réelle, gratuite et lente. Nous préparons le dossier pour qu’il tienne à ce stade-là, pas seulement au premier.
Cette dernière ligne — une procédure en cours ferme la porte — est la raison la plus concrète de ne pas confondre les deux temps. Pendant l’instance, on fixe et l’on prépare. Après, on obtient.
La méthode
L’ordre compte plus que les outils. Une demande déposée avant que la base juridique ne soit établie est une demande refusée, et un refus rend le second essai plus difficile — parce qu’il laisse une décision motivée dans le dossier de la plateforme.
La frontière
Personne, dans ce métier, ne dit où sa compétence s’arrête. Nous le disons, parce que c’est la première question qu’un avocat se pose avant de nous mettre dans un dossier.
Nous nous engageons sur des moyens, jamais sur un résultat. Une occultation dépend d’un éditeur, un déréférencement d’une plateforme, une mise à jour d’une rédaction, une réponse d’IA de cycles d’entraînement. Aucun de ces acteurs n’est notre cocontractant.
Avant le procès
Un dossier judiciaire commence longtemps avant l’audience. Entre la plainte et le jugement, votre nom est tapé — par un journaliste qui prépare un papier, par un employeur, par une banque, par un partenaire, et par des professionnels du dossier. Ce qui sort alors n’a pas été composé pour l’occasion : c’est l’état de votre nom, tel qu’il était la veille.
Cet état n’est pas une preuve et n’entre pas au débat. Il forme le contexte dans lequel votre affaire sera lue, et il agit surtout sur ce qui se décide avant et autour du procès : la tonalité d’un article, la disposition d’un employeur, la prudence d’une banque, la volonté d’une partie de transiger.
Quatre choses se font utilement, dans cet ordre.
À quoi s’ajoute, quand une publication présente comme coupable une personne qui n’a pas été jugée, le droit au respect de la présomption d’innocence, qui permet d’exiger une rectification.
Il y a une ligne que nous ne franchissons pas, et elle décide de la manière de travailler : nous n’intervenons pas sur la procédure. Nous intervenons sur l’état de votre nom, et nous en informons votre avocat.
Après la crise
L’accusation est une nouvelle. L’issue n’en est pas une. Un même dossier produit trois articles au moment de la mise en examen et, deux ans plus tard, aucun au non-lieu — c’est cet écart, et non l’article d’origine, qui fait le préjudice durable.
Le mécanisme est mécanique, pas malveillant. L’article initial est daté, indexé, repris par des agrégateurs et recopié par des sites qui ne mettent rien à jour. L’issue, quand elle est couverte, l’est en brève, sans lien vers le papier d’origine et sans le nom en titre. Résultat : celui qui tape votre nom lit l’accusation et n’apprend jamais qu’elle est tombée. Les IA font de même, avec la même source.
C’est pourtant la configuration où le droit vous est le plus favorable, parce que vous détenez une pièce. Vous ne demandez pas une faveur à un éditeur ou à un moteur : vous produisez une décision. Cela change tout dans la conduite de la demande.
Les six cas
L’instruction se termine sans procès. Vous détenez une ordonnance ; la presse, elle, s’est arrêtée à la mise en examen. C’est le cas le plus fréquent et le plus traitable : la pièce est écrite, datée, et elle contredit directement ce qui reste indexé.
La position la plus forte. Variante à ne pas manquer : une condamnation de première instance réformée en appel, dont seule la première instance est indexée. Le web affiche alors une décision qui n’existe plus en droit.
Paradoxalement le plus difficile des cas favorables : aucune décision de justice n’a été rendue, donc rien à produire comme preuve d’innocence. Ce qui travaille pour vous est l’absence de poursuite et l’écoulement du temps, pas un document.
Ni jugé, ni blanchi. Le levier n’est pas l’effacement, c’est l’exactitude : une mise en examen n’est pas une condamnation, et un article qui se lit comme si elle en était une est un article inexact. C’est sur ce terrain qu’on obtient une mise à jour.
Nommé pendant une enquête préliminaire, relâché sans poursuite. Souvent le plus violent, parce que la couverture était au maximum de son intensité au moment où rien n’était établi.
La condamnation est éteinte en droit, mais pas sur le web. Ici, aucune promesse d’effacement : le levier est le temps, l’ancienneté du fait, la proportion — et ce qui existe à côté sous votre nom.
La méthode
C’est le conseil qui surprend le plus, et celui qui produit le plus : ne demandez pas d’abord le retrait de l’article. Demandez qu’il soit complété.
Une rédaction qui refuse une suppression accepte souvent d’ajouter l’issue — parce que cela ne lui coûte rien, parce que c’est son métier, et parce qu’un article incomplet l’expose. Et un article mis à jour vaut mieux qu’un article supprimé : il devient la version qui fait référence, celle qui se positionne, celle que les copies finissent par suivre, et celle qu’une IA lira. Un article supprimé, lui, laisse les recopies intactes et sans correctif.
Ensuite, et dans cet ordre :
Ne pas confondre
Les deux démarches se confondent presque toujours dans l’esprit d’une personne mise en cause, et elles n’ont rien à voir. Nous le disons parce qu’un dossier bien mené fait les deux — et que l’une des deux n’est pas notre métier.
Le traitement d’antécédents judiciaires est un fichier du ministère de l’Intérieur, partagé entre police et gendarmerie, qui comptait environ dix-sept millions de fiches de personnes mises en cause en 2022. Il n’a aucun effet sur les moteurs de recherche, mais il en a un sur les enquêtes administratives — un agrément, une habilitation, un emploi sensible.
Cette démarche est juridique et elle appartient à votre avocat. La notice de la CNIL en donne le détail. Nous ne la conduisons pas ; nous travaillons sur ce qui s’affiche.
Pas au sens littéral : une décision est un acte public et elle ne s’efface pas. Ce qui s’obtient, c’est l’occultation de votre nom dans la décision diffusée, le déréférencement de la page sur votre nom, la mention de l’appel ou de la relaxe, et plus rarement le retrait de la publication lorsqu’elle est irrégulière.
Trois à huit semaines pour une occultation obtenue d’un éditeur juridique ou un déréférencement, une fois le dossier constitué. Quatre à sept mois pour faire reculer un résultat déjà installé en première page. Toute promesse plus rapide est une promesse qui ne sera pas tenue.
Pour obtenir, oui, presque toujours : une instance en cours ferme la plupart des portes. Pour agir, non — c’est pendant la procédure que l’on fixe la preuve, que l’on établit l’étendue de la diffusion et que l’on prépare les demandes. Attendre passivement fait perdre les deux.
Rarement. Elle est contestable sur sa date et sur son intégralité. Pour un contenu que vous devrez produire, le constat d’un commissaire de justice établi selon le mode opératoire normalisé est ce qui tient. Nous indiquons dès le premier relevé quels contenus le méritent et lesquels non.
À chacun séparément, car chacun diffuse sa propre version. Le circuit officiel applique l’occultation des noms des personnes physiques ; les éditeurs juridiques privés ont leur propre procédure de demande. Une démarche menée auprès d’un seul laisse les autres en ligne, et c’est la cause la plus fréquente d’un résultat obtenu mais invisible.
Pour une action en diffamation, un référé ou une requête devant le juge, oui, et nous travaillons avec votre conseil ou vous en indiquons un. Pour une occultation, un déréférencement ou une réclamation devant l’autorité de protection des données, non : ce sont des démarches auprès de plateformes et d’éditeurs, et c’est notre métier.
Nous ne communiquons aucun montant avant d’avoir compris le périmètre : le nombre de supports, l’état de la procédure et la date qui vous contraint. Un chiffre annoncé avant l’analyse est un chiffre qui sera révisé. L’entretien et l’audit sont offerts, confidentiels et sans engagement.
Rarement par la suppression, souvent par la mise à jour. Une rédaction qui refuse de retirer son article accepte fréquemment d’y ajouter l’issue, et un article complété vaut mieux qu’un article effacé : il devient la version qui fait référence et que les copies suivent. En parallèle, le déréférencement peut être demandé au moteur au motif que la liste de résultats doit refléter la situation judiciaire actuelle.
Non, pas automatiquement. L’effacement du traitement d’antécédents judiciaires se demande au procureur de la République territorialement compétent, ou au ministère de l’Intérieur, et il est possible après une relaxe, un acquittement, un non-lieu ou un classement sans suite. Le procureur peut refuser, mais il doit alors porter au fichier une mention rappelant la décision. Cette démarche est juridique et appartient à votre avocat ; elle ne change rien à ce qu’affiche Google.
Le levier n’est pas l’effacement, puisque vous n’avez été ni jugé ni blanchi : c’est l’exactitude. Une mise en examen n’est pas une condamnation, et un article qui se lit comme si elle en était une est inexact. C’est sur ce terrain, joint à l’ancienneté des faits, que l’on obtient une mise à jour, un déréférencement partiel, ou le retrait des recopies.
Pour aller plus loin. Deux notes datées complètent cette page : le nom de l’avocat reste en clair dans les décisions publiées, et la réouverture du délai de prescription après relaxe a été censurée. Qui intervient sur le dossier : le cabinet et ses quatre métiers.
Vouloir supprimer une décision de justice est presque toujours la bonne intention et le mauvais premier geste. Trente à quarante-cinq minutes pour situer la procédure et l’exposition, puis un relevé écrit et daté : ce qui sort aujourd’hui sous votre nom, ce qui doit être constaté avant toute démarche, ce qui peut être occulté ou déréférencé, et dans quel ordre. Si votre conseil souhaite y assister, c’est préférable.