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Dirigeants · Personnalités · Professions réglementées
Dans neuf dossiers sur dix, ce n’est pas l’article qu’on retire : c’est le lien qui mène à lui depuis votre nom. La distinction paraît technique, elle change tout — la voie de recours, le délai, la probabilité d’obtenir quelque chose, et ce qu’il est honnête de vous promettre.
Obtenir une correction, une mise à jour, l’ajout de l’issue judiciaire. Auprès de la rédaction.
Détacher l’article de votre nom dans le moteur. L’article reste en ligne, le lien disparaît.
Après un refus du moteur : la CNIL, puis le juge administratif. Le refus n’est pas la fin.
Faire reculer ce qui ne peut être ni retiré ni déréférencé. Lent, réversible, mais réel.
Aucun formulaire ne rectifie une IA. On corrige les sources qu’elle lit.
Le principe
Un article de presse est protégé. La liberté d’expression et le droit du public à l’information priment — y compris quand l’article vous dessert, y compris quand l’affaire est classée, y compris quand le journaliste s’est trompé sur un détail.
Ce n’est pas une position d’agence, c’est le principe que les juridictions appliquent. Toute entreprise qui vous promet le retrait pur et simple d’un article de presse vous vend une décision qui ne lui appartient pas : elle appartient à la rédaction, et à personne d’autre.
Il reste des cas où le retrait ou la modification s’obtiennent, et ils ont un point commun — ils ne demandent pas au journal de renoncer à informer :
Dans tous les autres cas, la question n’est plus comment supprimer un article de presse, mais : que peut-on obtenir d’autre, et dans quel ordre.

La voie principale
Le droit au déréférencement existe en droit européen depuis l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 13 mai 2014. Il ne fait pas disparaître une page : il détache cette page de votre nom dans les résultats du moteur.
L’effet pratique est proche du retrait — la page devient introuvable pour qui tape votre nom — et le fondement juridique est complètement différent. On ne discute pas la légitimité de l’article, on discute la nécessité de l’associer encore à votre identité.
Ce qui fait pencher l’arbitrage de votre côté : l’ancienneté des faits, l’absence de rôle public, l’issue favorable de la procédure, le caractère excessif ou inexact de ce qui subsiste. Ce qui le fait pencher contre : une fonction publique, une notoriété professionnelle, des faits récents, un intérêt journalistique établi, et une procédure en cours.
Trois limites à connaître avant d’engager la démarche, parce qu’elles expliquent la plupart des déceptions.
C’est le même raisonnement que pour supprimer son nom de Google : on n’agit pas sur l’index, on agit sur le lien entre un nom et une page.
Après un refus
Le refus initial est fréquent et il n’est pas la fin de la démarche. C’est même l’étape où les dossiers correctement motivés se gagnent, parce qu’à ce stade la décision sort des mains du moteur.
La CNIL publie sa doctrine sur le déréférencement et instruit les réclamations lorsqu’un moteur refuse. La voie est réelle, gratuite et lente. Au-delà, le juge administratif est compétent : le Conseil d’État a rendu le 6 décembre 2019 une série de décisions qui fixent la grille d’analyse — nature de la donnée, rôle de la personne dans la vie publique, ancienneté, exactitude, contribution au débat d’intérêt général.
Ce que nous apportons à ce stade n’est pas un argument juridique inédit. C’est un dossier : la chronologie, les demandes déjà faites, les réponses obtenues, la preuve datée de ce qui s’affichait, et la pièce judiciaire quand elle existe. C’est cette pièce-là qui manque à presque toutes les réclamations déposées seul.
Et une règle que nous tenons : une demande perdue rend la suivante plus difficile, parce qu’elle laisse une décision motivée dans le dossier du moteur. Ne pas déposer est parfois le bon conseil.
Quand rien ne peut être retiré
Il reste les dossiers où l’article est légitime, récent, exact, et où aucune voie juridique n’est ouverte. Là, on ne fait pas disparaître : on fait reculer.
Un résultat installé en première page ne se déplace pas par une action ponctuelle. Il recule parce que d’autres contenus légitimes, plus récents et mieux liés, prennent sa place sur les requêtes qui comptent. Cela demande de produire, de publier et de positionner — et de tenir la position ensuite.
Les ordres de grandeur, honnêtement : quatre à sept mois pour faire reculer un résultat de première page ; deux trimestres et plus pour construire une présence de référence sous un nom qui n’en a pas. En deçà, rien ne bouge, et une mission plus courte est vendue en sachant qu’elle échouera.
C’est aussi la voie la plus fragile : elle est réversible si l’on s’arrête. Un résultat gagné se perd quand personne ne le tient.
Le cas nouveau
Un moteur affichait des liens et laissait le lecteur arbitrer. Une IA interrogée sur votre nom produit une réponse unique, affirmative, sans contradiction visible — et elle la construit à partir d’un petit nombre de sources qu’elle juge fiables.
Un article de presse ancien est exactement le type de source qu’elle juge fiable. Il peut donc continuer à structurer ce qui se dit de vous longtemps après avoir cessé d’apparaître en première page.
Il n’existe pas de procédure de rectification auprès d’une IA comparable au déréférencement. On peut signaler une réponse à un éditeur : le signalement porte sur une réponse, à un instant, pour un utilisateur. Il ne modifie ni les données d’entraînement, ni les sources consultées au moment où la même question est posée par quelqu’un d’autre.
Ce qui fonctionne est indirect et lent : on corrige ce que l’IA lit. On relève la réponse réelle et les sources citées, on travaille ces sources, puis on mesure l’écart dans le temps.
Le récapitulatif
La bonne question n’est jamais « lequel est le plus fort », mais « lequel est ouvert dans mon dossier, et dans quel ordre ».
Obtient une correction, une mise à jour, l’ajout de l’issue judiciaire, parfois une anonymisation. Quelques semaines. Faisable seul.
Retire le lien des résultats sur votre nom. L’article reste en ligne. Trois à huit semaines une fois le dossier constitué. Faisable seul.
Fait réexaminer le refus du moteur. Plusieurs mois. Faisable seul, mais c’est là que la motivation décide.
Fait reculer le résultat au-delà de la première page. Quatre à sept mois. Difficilement seul : cela suppose de produire et de positionner.
Corrige ce que les assistants racontent, par leurs sources. Délai variable. Faisable seul avec le bon dossier, rarement sans relevé initial.
Payer un site pour qu’il retire un contenu. Ce n’est pas une voie, c’est une prise. Voir la section suivante.
Le piège
Ne payez pas. C’est la seule recommandation catégorique de cette page.
La pratique consiste à publier un contenu défavorable, puis à monnayer son retrait. Elle est susceptible de qualifications pénales, le paiement n’offre aucune garantie de durée, et il désigne au maître du site une cible qui paie — ce qui appelle la suite.
Il existe une voie meilleure, et elle est publique : Google traite spécifiquement les contenus hébergés sur des sites qui exigent un paiement pour les retirer, et peut les déréférencer à ce titre. Autrement dit, la demande de rançon devient elle-même l’argument du déréférencement.
D’où la seule chose à faire immédiatement : conserver toutes les traces de la sollicitation — courriels, messages, captures, montants demandés, dates. Elles ne servent pas à négocier, elles servent le dossier.
Le calendrier
Les trois premiers recours de cette page sont gratuits si vous les menez vous-même : la demande à la rédaction, le formulaire du moteur, la réclamation devant la CNIL. Vous n’avez besoin d’aucun prestataire pour les engager, et nous vous le disons avant de vous proposer quoi que ce soit.
Ce qui se paie, c’est le reste : la qualification du dossier, la motivation qui fait la différence entre un refus et une instruction, le suivi des relances, et l’enfouissement quand le retrait est impossible. Nous ne communiquons aucun montant avant d’avoir compris le périmètre — le nombre de contenus, leur source, leur ancienneté, et la date qui vous contraint. Un chiffre annoncé avant l’analyse est un chiffre qui sera révisé.
La méthode
L’ordre compte plus que les outils. Une demande déposée avant que la base juridique ne soit établie est une demande refusée, et un refus rend le second essai plus difficile.
Nous nous engageons sur des moyens, jamais sur un résultat. Un retrait dépend d’une rédaction, un déréférencement d’une plateforme, une réclamation d’une autorité, une réponse d’IA de cycles d’entraînement. Aucun de ces acteurs n’est notre cocontractant.
Rarement à la source : l’article reste en ligne chez l’éditeur. Ce qui se supprime, dans la plupart des dossiers, c’est le lien dans les résultats de recherche sur votre nom. L’effet pratique est proche, la voie juridique est différente — et c’est cette différence qui détermine le délai et la probabilité d’aboutir.
Pas automatiquement, mais c’est le meilleur dossier possible. Un classement sans suite ou une relaxe non mentionnée dans l’article rend l’information inexacte par omission, et l’ancienneté renforce encore la demande. Joignez la pièce judiciaire à votre motivation : sans elle, la demande est traitée comme une plainte.
Quelques semaines pour une correction obtenue d’une rédaction ou un déréférencement, plusieurs mois pour une réclamation devant la CNIL, quatre à sept mois pour un enfouissement, qui suppose de produire et de positionner des contenus. Aucun de ces délais n’est garanti : ils dépendent d’un tiers.
Non. La Cour de justice de l’Union européenne l’a précisé en 2019 : l’obligation porte sur les versions européennes du moteur et sur les recherches effectuées depuis l’Union. Une recherche depuis un autre continent peut continuer d’afficher le résultat. C’est une limite réelle, à connaître avant d’engager la démarche.
Ne payez pas. La pratique est susceptible de qualifications pénales, le paiement n’offre aucune garantie de durée, et il vous désigne comme une cible qui paie. Conservez toutes les traces de la sollicitation : elles deviennent l’argument central du dossier de déréférencement, Google traitant spécifiquement ce cas.
C’est prévu et c’est fréquent. Les copies automatiques republient, un déréférencement obtenu sur une requête ne couvre pas ses variantes, et un article repris par un agrégateur réapparaît sous une autre adresse. Un dossier sérieux inclut le contrôle dans le temps, pas seulement l’obtention initiale.
Pour une action en diffamation, un référé ou une requête devant le juge, oui, et nous travaillons avec votre conseil ou vous en indiquons un. Pour une demande de rectification, un déréférencement ou une réclamation devant l’autorité de protection des données, non : ce sont des démarches auprès de rédactions et de plateformes, et c’est notre métier. Nous ne rédigeons pas d’acte et nous ne plaidons pas.
Trente à quarante-cinq minutes pour qualifier l’article, la source, l’ancienneté et la date qui vous contraint, puis un relevé écrit : ce qui sort aujourd’hui sous votre nom, quelle voie est ouverte pour chaque résultat, ce qui est gratuit et ce qui ne l’est pas. Si la seule démarche utile est gratuite, nous vous le dirons dans l’entretien.