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Note · 26 août 2026 · Prescription
Le 12 juin 2026, le Conseil constitutionnel a supprimé le seul mécanisme qui permettait à une personne mise hors de cause de rouvrir le délai de prescription de la diffamation. Pour un dossier post-crise, cela change l’ordre des choses à faire.
La décision
Par sa décision no 2026-1204/1205 QPC du 12 juin 2026, le Conseil constitutionnel a déclaré contraire à la Constitution l’article 65-2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
Cet article organisait un régime dérogatoire : lorsqu’une décision pénale définitive avait été rendue sur des faits sans mettre en cause la personne visée par l’imputation, le délai de prescription pouvait être rouvert. C’était la voie par laquelle un non-lieu, une relaxe ou un acquittement redonnait une fenêtre d’action contre une accusation publiée des années plus tôt.
Le Conseil n’a pas différé les effets de sa décision : elle s’applique aux affaires qui n’étaient pas définitivement jugées à cette date. Les décisions déjà passées en force de chose jugée ne sont pas remises en cause.
Les motifs
La censure ne porte pas sur l’idée de protéger une personne mise hors de cause. Elle porte sur la rédaction, jugée trop lâche sur trois points.
Autrement dit, un mécanisme de protection s’était transformé en prescription sans terme. C’est cela qui est tombé, et non le principe de la présomption d’innocence, qui reste entier.
La conséquence
Il ne reste donc que le délai de droit commun de la presse : trois mois à compter de la première publication. Pas de la découverte, pas de la décision de justice, pas du jour où l’article remonte en première page.
Or c’est exactement la configuration de la plupart des dossiers que nous recevons. Un article de 2019 rapporte une mise en examen ; le non-lieu tombe en 2023 ; le dirigeant s’en aperçoit en 2026 parce qu’une IA le lui récite. Les trois mois sont écoulés depuis longtemps, et depuis le 12 juin 2026 la décision favorable ne les rouvre plus.
Cette matière est celle de l’avocat, pas la nôtre : nous ne donnons aucune consultation juridique et nous ne qualifions aucune infraction. Ce que nous constatons, c’est que la question posée en premier au prestataire — « peut-on faire retirer cet article ? » — reçoit rarement sa réponse par le droit de la presse.
Ce qui reste
Le délai de trois mois enferme l’action en diffamation. Il n’enferme pas les autres voies, qui ont chacune leur propre horloge — et ce sont celles qui traitent la quasi-totalité des dossiers anciens.
Le détail de ces voies et de leurs limites est sur nos pages article de presse, décision de justice et réponse des IA.
La règle de calendrier
Cette décision a une conséquence pratique qui ne concerne pas les dossiers anciens mais les dossiers en cours : le délai court depuis la publication, et il ne se rouvrira pas.
Ce qui se joue donc dans les premiers jours d’une mise en cause n’est pas la communication : c’est la preuve. Une capture horodatée, une chronologie, la conservation de la page et de ses reprises. Sans cette matière, l’avocat n’a rien à qualifier, et personne ne pourra reconstituer l’état d’une page effacée entre-temps.
C’est la partie du travail que nous faisons dès le premier entretien, avant toute action visible, et c’est la moins spectaculaire de toutes.
Sources
Les commentaires de la décision publiés par des cabinets de droit de la presse concordent sur les trois motifs et sur l’absence de report des effets. Nous ne reproduisons pas le texte abrogé : il n’est plus en vigueur, et sa lecture se fait sur le texte consolidé.
Trente à quarante-cinq minutes pour qualifier l’objet du problème, puis un relevé écrit : ce qui sort sous votre nom, ce qui peut être retiré, ce qui devra être enfoui, et ce que les IA répondent. Gratuit, confidentiel, sans engagement.