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Supprimer un article de presse : possible une fois sur dix. Le reste se joue sur le lien.

Dans neuf dossiers sur dix, ce n’est pas l’article qu’on retire : c’est le lien qui mène à lui depuis votre nom. La distinction paraît technique, elle change tout — la voie de recours, le délai, la probabilité d’obtenir quelque chose, et ce qu’il est honnête de vous promettre.

Parler à Antoine de Tournemire
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01Rectifier

Obtenir une correction, une mise à jour, l’ajout de l’issue judiciaire. Auprès de la rédaction.

02Déréférencer

Détacher l’article de votre nom dans le moteur. L’article reste en ligne, le lien disparaît.

03Réclamer

Après un refus du moteur : la CNIL, puis le juge administratif. Le refus n’est pas la fin.

04Enfouir

Faire reculer ce qui ne peut être ni retiré ni déréférencé. Lent, réversible, mais réel.

05Corriger l’IA

Aucun formulaire ne rectifie une IA. On corrige les sources qu’elle lit.

Le principe

Supprimer un article de presse à la source : pourquoi c’est rare

Un article de presse est protégé. La liberté d’expression et le droit du public à l’information priment — y compris quand l’article vous dessert, y compris quand l’affaire est classée, y compris quand le journaliste s’est trompé sur un détail.

Ce n’est pas une position d’agence, c’est le principe que les juridictions appliquent. Toute entreprise qui vous promet le retrait pur et simple d’un article de presse vous vend une décision qui ne lui appartient pas : elle appartient à la rédaction, et à personne d’autre.

Il reste des cas où le retrait ou la modification s’obtiennent, et ils ont un point commun — ils ne demandent pas au journal de renoncer à informer :

  • L’erreur de fait établie. Un nom confondu, une fonction inexacte, un montant faux. Une rédaction sérieuse corrige, et corrige vite, quand la preuve est jointe.
  • L’issue judiciaire absente. L’article relate une mise en examen, la procédure s’est soldée par un classement sans suite, une relaxe, un non-lieu. L’article devient inexact par omission : c’est le meilleur dossier possible.
  • La donnée personnelle excessive. Adresse, état civil complet, éléments de santé, identité d’un proche non concerné. Ce n’est pas l’article qu’on discute, c’est une donnée à l’intérieur.
  • La personne mineure au moment des faits, et la victime identifiée sans nécessité. Les deux situations où les rédactions acceptent le plus souvent d’anonymiser.

Dans tous les autres cas, la question n’est plus comment supprimer un article de presse, mais : que peut-on obtenir d’autre, et dans quel ordre.

Supprimer un article de presse : le déréférencement coupe le lien entre le nom et l'article, qui reste en ligne chez l'éditeur
Le déréférencement coupe le lien entre votre nom et l’article ; l’article reste en ligne. C’est pourquoi supprimer un article de presse et le faire disparaître de vos résultats sont deux opérations différentes.

La voie principale

Le déréférencement : effacer le lien, pas l’article

Le droit au déréférencement existe en droit européen depuis l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 13 mai 2014. Il ne fait pas disparaître une page : il détache cette page de votre nom dans les résultats du moteur.

L’effet pratique est proche du retrait — la page devient introuvable pour qui tape votre nom — et le fondement juridique est complètement différent. On ne discute pas la légitimité de l’article, on discute la nécessité de l’associer encore à votre identité.

Ce qui fait pencher l’arbitrage de votre côté : l’ancienneté des faits, l’absence de rôle public, l’issue favorable de la procédure, le caractère excessif ou inexact de ce qui subsiste. Ce qui le fait pencher contre : une fonction publique, une notoriété professionnelle, des faits récents, un intérêt journalistique établi, et une procédure en cours.

Trois limites à connaître avant d’engager la démarche, parce qu’elles expliquent la plupart des déceptions.

  • Le déréférencement est accordé pour un nom et pour une requête, pas pour la page entière. « Prénom Nom » obtenu ne couvre ni « Nom Prénom », ni le nom accompagné de la fonction, ni les variantes orthographiques.
  • Il ne vaut pas pour le monde entier. La Cour de justice l’a précisé le 24 septembre 2019 : l’exploitant n’est pas tenu de déréférencer sur toutes les versions du moteur. Une recherche depuis un autre continent peut continuer d’afficher le résultat.
  • Il ne touche pas les autres moteurs sans démarche distincte, ni les IA, qui n’ont pas de procédure équivalente.

C’est le même raisonnement que pour supprimer son nom de Google : on n’agit pas sur l’index, on agit sur le lien entre un nom et une page.

Après un refus

Si Google refuse : la CNIL, puis le juge

Le refus initial est fréquent et il n’est pas la fin de la démarche. C’est même l’étape où les dossiers correctement motivés se gagnent, parce qu’à ce stade la décision sort des mains du moteur.

La CNIL publie sa doctrine sur le déréférencement et instruit les réclamations lorsqu’un moteur refuse. La voie est réelle, gratuite et lente. Au-delà, le juge administratif est compétent : le Conseil d’État a rendu le 6 décembre 2019 une série de décisions qui fixent la grille d’analyse — nature de la donnée, rôle de la personne dans la vie publique, ancienneté, exactitude, contribution au débat d’intérêt général.

Ce que nous apportons à ce stade n’est pas un argument juridique inédit. C’est un dossier : la chronologie, les demandes déjà faites, les réponses obtenues, la preuve datée de ce qui s’affichait, et la pièce judiciaire quand elle existe. C’est cette pièce-là qui manque à presque toutes les réclamations déposées seul.

Et une règle que nous tenons : une demande perdue rend la suivante plus difficile, parce qu’elle laisse une décision motivée dans le dossier du moteur. Ne pas déposer est parfois le bon conseil.

Quand rien ne peut être retiré

L’enfouissement, et ce qu’il exige réellement

Il reste les dossiers où l’article est légitime, récent, exact, et où aucune voie juridique n’est ouverte. Là, on ne fait pas disparaître : on fait reculer.

Un résultat installé en première page ne se déplace pas par une action ponctuelle. Il recule parce que d’autres contenus légitimes, plus récents et mieux liés, prennent sa place sur les requêtes qui comptent. Cela demande de produire, de publier et de positionner — et de tenir la position ensuite.

Les ordres de grandeur, honnêtement : quatre à sept mois pour faire reculer un résultat de première page ; deux trimestres et plus pour construire une présence de référence sous un nom qui n’en a pas. En deçà, rien ne bouge, et une mission plus courte est vendue en sachant qu’elle échouera.

C’est aussi la voie la plus fragile : elle est réversible si l’on s’arrête. Un résultat gagné se perd quand personne ne le tient.

Le cas nouveau

Ce que les IA racontent de l’article, et pourquoi aucun formulaire ne les corrige

Un moteur affichait des liens et laissait le lecteur arbitrer. Une IA interrogée sur votre nom produit une réponse unique, affirmative, sans contradiction visible — et elle la construit à partir d’un petit nombre de sources qu’elle juge fiables.

Un article de presse ancien est exactement le type de source qu’elle juge fiable. Il peut donc continuer à structurer ce qui se dit de vous longtemps après avoir cessé d’apparaître en première page.

Il n’existe pas de procédure de rectification auprès d’une IA comparable au déréférencement. On peut signaler une réponse à un éditeur : le signalement porte sur une réponse, à un instant, pour un utilisateur. Il ne modifie ni les données d’entraînement, ni les sources consultées au moment où la même question est posée par quelqu’un d’autre.

Ce qui fonctionne est indirect et lent : on corrige ce que l’IA lit. On relève la réponse réelle et les sources citées, on travaille ces sources, puis on mesure l’écart dans le temps.

Le récapitulatif

Les cinq recours, ce qu’ils obtiennent et ce qu’ils coûtent en temps

La bonne question n’est jamais « lequel est le plus fort », mais « lequel est ouvert dans mon dossier, et dans quel ordre ».

01

Rectification et droit de réponse

Obtient une correction, une mise à jour, l’ajout de l’issue judiciaire, parfois une anonymisation. Quelques semaines. Faisable seul.

02

Déréférencement

Retire le lien des résultats sur votre nom. L’article reste en ligne. Trois à huit semaines une fois le dossier constitué. Faisable seul.

03

Réclamation CNIL

Fait réexaminer le refus du moteur. Plusieurs mois. Faisable seul, mais c’est là que la motivation décide.

04

Enfouissement

Fait reculer le résultat au-delà de la première page. Quatre à sept mois. Difficilement seul : cela suppose de produire et de positionner.

05

Réponses des IA

Corrige ce que les assistants racontent, par leurs sources. Délai variable. Faisable seul avec le bon dossier, rarement sans relevé initial.

Ce qui n’est pas un recours

Payer un site pour qu’il retire un contenu. Ce n’est pas une voie, c’est une prise. Voir la section suivante.

Le piège

Un site vous demande de payer pour retirer l’article

Ne payez pas. C’est la seule recommandation catégorique de cette page.

La pratique consiste à publier un contenu défavorable, puis à monnayer son retrait. Elle est susceptible de qualifications pénales, le paiement n’offre aucune garantie de durée, et il désigne au maître du site une cible qui paie — ce qui appelle la suite.

Il existe une voie meilleure, et elle est publique : Google traite spécifiquement les contenus hébergés sur des sites qui exigent un paiement pour les retirer, et peut les déréférencer à ce titre. Autrement dit, la demande de rançon devient elle-même l’argument du déréférencement.

D’où la seule chose à faire immédiatement : conserver toutes les traces de la sollicitation — courriels, messages, captures, montants demandés, dates. Elles ne servent pas à négocier, elles servent le dossier.

Le calendrier

Combien de temps, et ce qui est gratuit

Les trois premiers recours de cette page sont gratuits si vous les menez vous-même : la demande à la rédaction, le formulaire du moteur, la réclamation devant la CNIL. Vous n’avez besoin d’aucun prestataire pour les engager, et nous vous le disons avant de vous proposer quoi que ce soit.

  • Trois mois — la prescription en matière de presse, qui court depuis la première mise en ligne et non depuis le jour où vous découvrez l’article. Le délai le plus court, et celui qui est le plus souvent laissé passer.
  • Quelques jours à trois semaines — une correction obtenue d’une rédaction quand l’erreur de fait est établie et la preuve jointe.
  • Trois à huit semaines — un déréférencement, une fois le dossier constitué. Le refus initial est fréquent.
  • Plusieurs mois — l’instruction d’une réclamation par l’autorité de protection des données.
  • Quatre à sept mois — le recul d’un résultat installé en première page.

Ce qui se paie, c’est le reste : la qualification du dossier, la motivation qui fait la différence entre un refus et une instruction, le suivi des relances, et l’enfouissement quand le retrait est impossible. Nous ne communiquons aucun montant avant d’avoir compris le périmètre — le nombre de contenus, leur source, leur ancienneté, et la date qui vous contraint. Un chiffre annoncé avant l’analyse est un chiffre qui sera révisé.

La méthode

Quatre temps, dans cet ordre

L’ordre compte plus que les outils. Une demande déposée avant que la base juridique ne soit établie est une demande refusée, et un refus rend le second essai plus difficile.

  1. Le relevé. Ce qui sort sous votre nom, résultat par résultat, sur les requêtes que l’on tape réellement : le nom seul, le nom avec la fonction, le nom avec le mot qui inquiète. Puis les reprises de l’article, les agrégateurs, et ce que répondent les IA.
  2. La qualification. Pour chaque résultat, la voie applicable et sa probabilité : rectification, déréférencement, réclamation, enfouissement, ou rien. C’est ici que se décide ce que l’on ne tentera pas — et c’est la partie du travail que personne ne vend, parce qu’elle consiste à dire non.
  3. L’exécution. La rédaction d’abord quand une erreur de fait est établie, le moteur ensuite, l’autorité en dernier. Une correction obtenue à la source rend le déréférencement suivant beaucoup plus facile à motiver, et l’ordre inverse produit des refus qui se paient longtemps.
  4. Le contrôle. Les reprises republient, un déréférencement obtenu sur une requête ne couvre pas ses variantes, et un article ancien remonte quand l’actualité le réactive. Sans contrôle dans le temps, un résultat obtenu se défait en quelques mois.

Nous nous engageons sur des moyens, jamais sur un résultat. Un retrait dépend d’une rédaction, un déréférencement d’une plateforme, une réclamation d’une autorité, une réponse d’IA de cycles d’entraînement. Aucun de ces acteurs n’est notre cocontractant.

Ce que nous ne faisons pas

  • Aucune promesse de retrait d’un article de presse. La décision appartient à la rédaction. Qui vous la promet vous vend ce qu’il ne détient pas.
  • Aucun taux de réussite affiché. Un pourcentage non vérifiable n’est pas une preuve, c’est un argument de vente.
  • Aucun contenu éditorial payé non signalé, aucun faux avis, aucune fausse identité pour obtenir un retrait.

Ce que nous garantissons

  • Vous dire avant de commencer ce qui est probable, ce qui est incertain et ce qui est impossible.
  • Vous indiquer ce qui est gratuit et que vous pouvez mener seul, avant toute proposition.
  • La confidentialité contractuelle. Nous ne citons aucun client, y compris dans une proposition adressée à quelqu’un d’autre.

Questions fréquentes

Peut-on vraiment supprimer un article de presse sur Google ?

Rarement à la source : l’article reste en ligne chez l’éditeur. Ce qui se supprime, dans la plupart des dossiers, c’est le lien dans les résultats de recherche sur votre nom. L’effet pratique est proche, la voie juridique est différente — et c’est cette différence qui détermine le délai et la probabilité d’aboutir.

Mon affaire est classée sans suite. Google doit-il retirer l’article ?

Pas automatiquement, mais c’est le meilleur dossier possible. Un classement sans suite ou une relaxe non mentionnée dans l’article rend l’information inexacte par omission, et l’ancienneté renforce encore la demande. Joignez la pièce judiciaire à votre motivation : sans elle, la demande est traitée comme une plainte.

Combien de temps avant de voir un changement ?

Quelques semaines pour une correction obtenue d’une rédaction ou un déréférencement, plusieurs mois pour une réclamation devant la CNIL, quatre à sept mois pour un enfouissement, qui suppose de produire et de positionner des contenus. Aucun de ces délais n’est garanti : ils dépendent d’un tiers.

Le déréférencement vaut-il pour le monde entier ?

Non. La Cour de justice de l’Union européenne l’a précisé en 2019 : l’obligation porte sur les versions européennes du moteur et sur les recherches effectuées depuis l’Union. Une recherche depuis un autre continent peut continuer d’afficher le résultat. C’est une limite réelle, à connaître avant d’engager la démarche.

Un site me demande de payer pour retirer un article. Que faire ?

Ne payez pas. La pratique est susceptible de qualifications pénales, le paiement n’offre aucune garantie de durée, et il vous désigne comme une cible qui paie. Conservez toutes les traces de la sollicitation : elles deviennent l’argument central du dossier de déréférencement, Google traitant spécifiquement ce cas.

Et si le contenu revient ?

C’est prévu et c’est fréquent. Les copies automatiques republient, un déréférencement obtenu sur une requête ne couvre pas ses variantes, et un article repris par un agrégateur réapparaît sous une autre adresse. Un dossier sérieux inclut le contrôle dans le temps, pas seulement l’obtention initiale.

Faut-il un avocat ?

Pour une action en diffamation, un référé ou une requête devant le juge, oui, et nous travaillons avec votre conseil ou vous en indiquons un. Pour une demande de rectification, un déréférencement ou une réclamation devant l’autorité de protection des données, non : ce sont des démarches auprès de rédactions et de plateformes, et c’est notre métier. Nous ne rédigeons pas d’acte et nous ne plaidons pas.

L’audit est offert

Trente à quarante-cinq minutes pour qualifier l’article, la source, l’ancienneté et la date qui vous contraint, puis un relevé écrit : ce qui sort aujourd’hui sous votre nom, quelle voie est ouverte pour chaque résultat, ce qui est gratuit et ce qui ne l’est pas. Si la seule démarche utile est gratuite, nous vous le dirons dans l’entretien.

Parler à Antoine de Tournemire, en toute confidentialité
01 85 09 08 00
24 h/24 — si une parution ou une audience approche, appelez

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